La recharge hivernale a globalement été bonne et les nappes sont remontées à des niveaux satisfaisants. Toutefois, depuis début février, les températures sont au-dessus des normales de saison. L’ensoleillement est très excédentaire et le déficit de pluviométrie atteint 63 %. L’indice d’humidité des sols superficiels est bien en dessous de la normale, proche du record du faible indice. Nous sommes en situation de sécheresse agricole. Les prochaines semaines sont annoncées sèches et chaudes.

Au regard de la situation, le préfet du Nord a placé le département sous différents niveaux de sécheresse 

En effet, les différents bassins et versants du Département du Nord ne sont pas tous au même niveau. Compte tenu des relevés piézométriques et hydrométriques, voici la situation des différents bassins et versants au 9 août:

4 niveaux de sécheresse

Le bassin de l’Yser : Crise sécheresse

Le bassin Scarpe aval: Alerte renforcée sécheresse

Audomarois et Delta de l’Aa et Sambre : Alerte sécheresse

Les bassins de la Lys, Marque et Deûle, Scarpe amont, Sensée et Escaut : Vigilance sécheresse

Les 4 seuils de sécheresse

En cas de déficit pluviométrique, le préfet de département peut prendre différentes mesures en fonction de la
gravité du manque d’eau. Il existe quatre seuils d’état d’alerte croissants avec des mesures de
restriction graduées.
 Vigilance sécheresse : information et incitation des particuliers et des professionnels à faire
des économies d’eau
 Alerte sécheresse : limitation des prélèvements à des fins industrielles et agricoles mesures
d’interdiction de remplissage de plans d’eau, et de certains usages, comme le lavage de
voitures… sur tout le département ou de manière plus locale.
 Alerte renforcée sécheresse : réduction renforcée des prélèvements industriels et agricoles,
forte limitation des prélèvements pour l’arrosage des jardins, espaces verts, golfs, lavage des
voitures… jusqu’à l’interdiction de certains prélèvements.
 Crise sécheresse : arrêt des prélèvements non prioritaires, y compris des prélèvements à des
fins agricoles. Seuls les prélèvements permettant d’assurer l’exercice des usages prioritaires
sont autorisés (santé, sécurité civile, eau potable, salubrité).

Les citoyens, les collectivités et les professionnels sont donc appelés à réduire les usages de l’eau qui ne sont pas indispensables afin d’éviter de porter atteinte à la ressource en eau, patrimoine commun et bien précieux pour chacun.

Chaque geste compte : voici quelques chiffres pour illustrer l’impact des gestes d’économie :

– 10 % d’économie pour un ménage c’est 15 m3 en moins sur une année. Pour les 1 700 000 ménages du Nord-Pas-de-Calais, cela représente 25 millions de m3 :

  • soit 10 000 piscines olympiques
  • ou de quoi irriguer 25 000 ha de surfaces agricoles

– Une chasse d’eau qui fuit peut représenter jusqu’à 25 litres par heure, soit 220 m3 d’eau par an et bien sûr une dépense inutile. Une chasse d’eau économique, qu’il s’agisse d’un mécanisme à double chasse préréglée ou d’un mécanisme d’interruption, peut permettre de sauvegarder jusqu’à 65 % d’eau.

La modération des consommations de tous les usagers, domestiques, industriels et agricoles permet, par la diminution des prélèvements dans le milieu naturel, de soulager la ressource et ainsi de retarder la prise de mesures de restriction. Le préfet de département peut prendre différentes mesures en fonction de la gravité du manque d’eau et du seuil de vigilance franchi.

L’ensemble des services gestionnaires de la ressource dont le Syndicat de l’Eau du Dunkerquois et les services de l’État sont mobilisés pour suivre l’évolution de la situation et anticiper le risque de situation de crise.

En savoir +

Arrêté préfectoral du Nord du 29 juillet 2022